Implantée à Elven depuis trois générations, la carrosserie Le Rouic s’est progressivement imposée dans le paysage industriel local. Depuis 1958, cette entreprise familiale conçoit et fabrique des solutions de transport routier sur mesure, avec passion et savoir-faire. À la tête de l’entreprise depuis 2021, Sylvain Le Rouic nous en dit plus.
Pouvez-vous présenter votre entreprise : son historique et son activité ?
Notre entreprise familiale a été créée par mon grand-père et son frère, Alain et René Le Rouic, dans les années 60. Mon père, Hervé Le Rouic, leur a succédé en 1996, rejoint par sa cousine, Hélène Le Rouic, en 2006. Pour ma part, j’ai intégré l’entreprise en 2004 et repris la direction en 2021.
Nous sommes issus d’une famille de charrons. L’entreprise a débuté son activité en fabriquant des charrettes, puis des remorques agricoles et enfin des caisses pour les camions. Aujourd’hui, nous avons fait du carrossage de poids lourds notre spécialité : du transport sec avec remorques bâchées, et du transport de véhicules (mobil-homes, matériels de BTP et agricoles). On reçoit le châssis et ensuite nous fabriquons le contenant. Nous travaillons en toute autonomie, toutes les étapes de construction sont réalisées en interne.
Historiquement, l’entreprise a toujours été implantée à Elven. Elle a débuté dans un atelier situé dans le bourg, puis elle a déménagé sur la zone de Lamboux, en 1971. Des extensions ont été réalisées au fur et à mesure des années, pour finir par une modernisation des bâtiments, en 2019.
Votre marché est local ou s’étend au niveau national ?
Historiquement, notre marché est très local, mais d’année en année notre métier s’est complexifié et la technicité a évolué. Nous nous sommes donc spécialisés et notre marché s’est étendu au grand-ouest à 50%, au niveau national à 45% et à l’export à 5%. L’export s’inscrit dans notre volonté d’accompagner nos clients français qui montent des agences en Europe et qui souhaitent garder la même structure de camion que leurs agences en France.
Vous ne faites que de la vente sur-mesure de véhicules neufs ou vous réalisez également de la vente d’occasion et de l’entretien ?
Nous concevons, fabriquons et entretenons nos véhicules. Nos camions sont techniques et deviennent des outils de travail qu’il faut entretenir. De plus, nous fabriquons nous-même nos pièces donc ce ne sont pas des véhicules à entretenir n’importe où.
Avez-vous un attachement particulier au territoire ?
Oui, je suis né ici, mes grands-parents également. Nous avons une histoire avec Elven. Plus jeune, je n’avais pas forcément d’attache, mais avec le temps cela a changé. Nous avons une région attirante pour beaucoup de personnes qui viennent y habiter, nous pouvons être fiers d’être du coin.
Avez-vous mis en place une politique sociale pour les employés ?
L’entreprise compte 30 salariés avec plus d’une dizaine de métiers différents, qui vont du technicien du bureau d’étude, au chaudronnier, en passant par l’opérateur sur commande numérique ou le peintre industriel. Auparavant, une personne pouvait avoir plusieurs compétences, aujourd’hui, les métiers sont devenus si techniques que nous avons besoin d’une personne spécialisée par tâche.
Nous souhaitons aider les plus jeunes et montrer que l’industrie existe sur notre territoire. Pour cela, nous collaborons avec le lycée professionnel Jean Guéhenno ou le lycée Saint-Joseph, à Vannes. Nous accueillons un apprenti chaque année, ainsi que plusieurs stagiaires au cours de l’année.
Nous embauchons aussi des personnes en reconversion professionnelle, par exemple un ancien conseiller en immobilier qui a suivi une formation de chaudronnier. Le carrossage regroupe des métiers très spécifiques. On estime qu’il faut environ deux ans en interne pour se former et devenir autonome sur son poste, c’est un investissement humain. Par ailleurs, des reconversions se réalisent en interne, par exemple un soudeur, qui après 20 ans d’exercice a souhaité devenir technicien hydraulique.
Nous avons entamé une démarche RSE, une personne en interne se forme en ce moment. Dans la RSE, c’est le S de sociétale qui m’intéresse particulièrement. Nous souhaitons également évoluer au niveau environnemental et anticiper les choses, plutôt que de subir les normes et réglementations qui seront imposées aux entreprises d’ici quelques années.
Avez-vous des projets de développement à venir ?
Nous avons les outils, le personnel adapté et compétent, nous souhaitons maintenant augmenter le volume et démarcher de nouveaux clients au niveau national. Pour cela, nous venons d’embaucher un commercial.
Les prochains enjeux vont ensuite se focaliser sur le digital. On commence à tester des casques de réalité virtuelle (pour la validation de montage ou la conception de véhicules en 3D). Jusque-là, cela n’était possible que pour de grosses entreprises, aujourd’hui cette technologie est devenue plus abordable. Demain, certaines tâches très manuelles pourraient être également mécanisées. Nous restons des artisans, mais la digitalisation de notre atelier est importante pour répondre aux défis de demain.
J’irai découvrir votre entreprise
David Robo, président de l’agglomération, va à la renconte des entreprises du territoire.
L’occasion de (re)découvrir les activités et initiatives économiques déployées sur nos 34 communes.
Entrepreneurs, vous souhaitez lui faire visiter votre entreprise ?
Déposez votre demande