Rencontre avec Jean-Clair le Floc’h, co-dirigeant d’Articonnex à Ploeren

Spécialiste de l’anti-gaspi des matériaux du bâtiment, l’entreprise Articonnex propose des solutions de réemploi aux acteurs du secteur disposant de surplus, qu’elle réintègre sur le marché via son réseau de 8 entrepôts-magasins, implantés dans le Grand Ouest. Ouvert en septembre 2022, l’entrepôt-magasin de Vannes-Ploeren a, en 3 ans, doublé sa superficie d’espace de vente. Jean-Clair le Floc’h, co-fondateur d’Articonnex, nous en dit plus

Articonnex a été fondée en 2021… à partir de quel constat ?

Dans une précédente vie professionnelle, je travaillais déjà dans le secteur du bâtiment, auprès d’entreprises de l’artisanat et du négoce de matériaux. A ce moment-là, j’ai été amené à identifier une vraie problématique de gaspillage de matériaux « en fin de vie ». Dans le lot, il y avait des fins de collection, des erreurs de productions ou retours de commandes, des produits avec des défauts minimes… qui finissaient à la benne alors qu’on pouvait leur donner une seconde vie. C’est de ce constat qu’est née l’idée d’Articonnex. La structure juridique a été créée en 2018 et le siège social de l’entreprise basé à Nantes. Pendant deux ans, l’entreprise a d’abord fonctionné comme une plateforme de vente, type « marketplace ». En 2021, avec mes deux associés Emmanuel et Raphaël Morel, on a décidé de réorienter l’activité en achetant les matériaux et en les revendant par nous-même.

Comment vous approvisionnez-vous en matériaux et à quelle clientèle sont-ils destinés ? 

Nous intervenons auprès des différents acteurs du bâtiment, pros exclusivement, de l’artisan au négociant en passant par les industriels, les fabricants, auxquels nous rachetons les surplus ou stocks dormants (matériaux déclassés, déstockés, chutes de production…) pour les remettre sur le marché, via notre réseau d’entrepôts-magasins. Ceux-ci fonctionnent comme des magasins de bricolage et sont ouverts aux professionnels comme aux particuliers. 

Nous agissons également sur les chantiers de déconstruction et de rénovation, ainsi qu’auprès d’industriels, pour réemployer et transformer des matériaux issus du terrain et les réintégrer sur de nouveaux projets immobiliers, plus responsables, moins carbonés.

Nous avons aussi développé, dans notre atelier-usine situé au nord de Nantes, une filière dédiée à la remanufacture de bois issus du réemploi, pour alimenter nos entrepôts-magasins et aussi à destination des professionnels qui disposent de gisements importants ou recherchent un approvisionnement responsable. Par exemple, dans cet atelier-usine, on transforme une charpente de gymnase en tasseaux de bois.

Quels types de matériaux trouve-t-on dans les rayons d’Articonnex ?

Chez Articonnex, on va trouver beaucoup de bois de structure (charpente, bardage…), des panneaux de bois (contreplaqué, OSB), du carrelage, de la peinture, visserie, isolants, quincaillerie et autres matériaux du second oeuvre… en fonction des arrivages. En ce moment, par exemple, on a du marbre qui provient d’une déconstruction. Notre stock est géré en temps réel, ce qui permet de savoir quelles quantités d’articles sont réellement présentes en magasin et de satisfaire les clients à l’affût d’opportunités immédiates. 

L’entrepôt-magasin de Ploeren est le 3e que vous avez ouvert, en 2022…

Vannes-Ploeren est, en effet, la première ville où nous avons choisi de nous implanter après Nantes. L’entrepôt-magasin se situe dans la zone d’activité des 2 Moulins, route de Kénéah, à Ploeren. Il s’étend sur 2000 m² ; en 3 ans, il a doublé sa superficie d’espace de vente et bénéficie d’un espace de stockage supplémentaire dans la même zone. Ce n’est pas notre plus gros mais il correspond à la moyenne de la surface de nos entrepôts-magasin. Cinq personnes travaillent sur ce site, le responsable, Germain, et quatre équipiers Teddy, Thomas, Alexis et Alexia.

Aujourd’hui, Articonnex, au total, ce sont combien d’entrepôts-magasins, d’emplois… et de tonnes de matériaux vendus/an ? 

Aujourd’hui, Articonnex, c’est un réseau de 8 entrepôts-magasins, répartis sur 7 villes dans le Grand Ouest (Nantes, Vannes, Rennes, Angers, la Roche-sur-Yon, Orléans, Le Mans) et plus de 16.000 m² d’espaces intérieurs de stockage et de revente. A ces entrepôts-magasins, s’ajoute notre atelier-usine dédié à la valorisation du bois, à Nantes. Nous employons plus de 50 salariés sur l’ensemble de ces sites. Et, depuis mars 2021, nous avons remis plus de 25000 tonnes de matériaux sur le marché. Nous sommes actuellement l’un des principaux acteurs, si ce n’est le seul dans ce genre, dans l’univers du réemploi et de l’anti-gaspillage des matériaux de construction.

Quels sont vos objectifs de développement ?

Nous sommes sur une dynamique de croissance plutôt rapide, et raisonnée. Pour 2026, nous avons déjà prévu d’ouvrir des entrepôts-magasins, en continuant de mailler le Grand Ouest, et d’aller ensuite vers d’autres Régions. Chaque ouverture représente environ 5 embauches pour composer une équipe, et nous continuons de structurer notre équipe support.

Si notre modèle fonctionne, c’est aussi parce qu’il y a, d’une part, une vraie prise de conscience des industriels qui veulent moins jeter et, de l’autre, des professionnels du bâtiment et des particuliers qui veulent accéder à des matériaux de bonne qualité, à prix réduit. Nous arrivons au bon moment, avec une structure de société qui répond à cette demande.

De notre côté, cette forte volonté de développement n’est pas seulement d’ordre économique mais aussi vertueuse et toujours en réponse à nos valeurs de bases qui sont le bon sens et la valorisation de notre impact. 

En illustration de ces valeurs, à chaque implantation, votre volonté est aussi forte de vous ancrer dans l’écosystème territorial ?

Dès qu’on s’implante dans une ville et pour répondre aux enjeux de transition écologique, nous essayons en effet au maximum d’entrer en contact avec les industriels, les artisans du territoire… pour développer une filière locale et une source d’approvisionnement responsable. Sur le territoire de Golfe du Morbihan – Vannes agglomération, nous sommes par exemple en relation avec la carrière Nexstone de Grand-Champ. Notre démarche anti-gaspi s’inscrit aussi pleinement dans les objectifs du programme « Territoire Engagé Transition Ecologique », auquel participe l’agglo et avec laquelle nous avons à cœur de collaborer.

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